Le Monde en 2009
Par Madame Vacances le mardi, mars 17 2009, 15:39 - Lien permanent
Lors d’une récente réunion générale, Monsieur Green, directeur général, a exprimé son opinion concernant le danger auquel l’économie mondiale fait façe et comment ceci pourrait affecter Madame Vacances. Voici quelques extraits de son discours :
Lors d’une récente réunion générale, Monsieur Green, directeur général, a exprimé son opinion concernant le danger auquel l’économie mondiale fait façe et comment ceci pourrait affecter Madame Vacances. Voici quelques extraits de son discours : “Nous sommes tous au courant, du moins ceux d’entre nous qui regardent les informations ou lisent la presse, que le monde entier est entré une phase de profonde récession. La question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : ‘A quel point nos entreprises, et même nos emplois, vont-ils être affectés ?’ Il est facile de penser que la crise que nous vivons, est générée par la conduite risquée des banques de crédit américaines qui ont tant prêtées que les consommateurs ne peuvent plus rembourser. Mais il est facile d’ignorer que d’autres banques de crédit ont proposé des produits financiers peu coûteux aux marchés et particuliers dans le monde entier. La situation américaine des crédit hypothécaires (subprime) est seulement un aspect du problème. Par exemple, 4,6 milliers de milliards de dollars ont été prêtés aux pays émergents (on compte parmi ceux-ci beaucoup de pays d’Europe de l’Est) durant la décennie passée. 73% de ces crédits ont été émis par des banques européennes. A présent, les temps sont durs, au regard de l’économie et on ne sait pas combien de ces crédits seront remboursés. Nul ne sait combien d’emprunteurs fuiront simplement leurs engagements. Nul ne connaît le montant de la dette qui devra être effacée par les institutions européennes de crédit. Les gouvernements du monde entier sont mis au pied du mur : injecter des milliards en provenance des contribuables pour soutenir les banques qui ont émis ces crédits, ou laisser ces dernières s’effondrer. Lorsqu’en 2008, le gouvernement américain a laissé la banque d’affaires internationale Lehman Brothers faire faillite, ceci a provoqué une crise de confiance mondiale. De même, les gouvernements devraient-ils soutenir, à grand frais, les industriels en difficulté - ceux-là même qui fournissent les emplois dont nous avons tant besoin ? Quel que soit le choix des gouvernements, il est clair que des suppressions d’emplois sont inévitables, alors que les entreprises dont les ventes fondent tenteront de réduire leurs dettes et d’équilibrer leurs comptes. Des emplois vont disparaître. Les consommateurs vont réduire leurs dépenses. Les conducteurs vont renoncer à l’achat d’une nouvelle voiture. Les propriétaires vont peiner à rembourser leurs emprunts immobiliers. Les familles vont faire durer leurs appareils électro-ménagers plus longtemps avant de les remplacer. Les clients des restaurants se feront plus rares. Et…la question cruciale pour nous : à quel moment les familles vont-elles renoncer à réserver des vacances ? Jusqu’à maintenant, les ventes de Madame Vacances se maintiennent, malgré l’immense pression à la baisse que subissent les prix. Mais notre secteur est confronté au problème suivant : qu’adviendra-t-il si les ventes se tarissent ? En même temps, nous sommes face à une force opposée d’égale intensité : les loyers versés aux propriétaires augmentent. Beaucoup de nos résidences sont liées à des contrats qui ne garantissent que des hausses de loyers. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de payer des loyers plus élevés que ceux que nous versons actuellement, et pour une dizaine de résidences, les loyers excessifs pèsent même sur les bénéfices et la trésorerie du groupe. C’est un euphémisme, mais la période que nous vivons peut être qualifiée de ‘sportive’. Depuis nos débuts, il y a 18 ans, notre entreprise n’a jamais reporté de perte, mais si les loyers continuent d’augmenter et les ventes de chuter, nous risquons d’avoir de sérieux problèmes. Beaucoup d’entreprises plus faibles se sont essoufflées durant les 12 derniers mois. Nous avons été témoin de la chute de LVR (7 résidences), Maison de Biarritz (10 résidences), Life Valley (24 résidences) et d’autres entreprises plus petites. Mona Lisa (20 résidences) est en cessation de paiement depuis le 2 mars 2009. Nous savons également que 2 de nos principaux concurrents ont de graves problèmes de trésorerie et ne survivront peut être pas à 2009.
Chaque situation de déclin apporte son lot d’opportunités, et la récession actuelle ne fera pas exception. Avec le temps, Eurogroup a pour objectif de saisir ces opportunités. Cependant, notre objectif est très clair pour les 12 à 18 prochains mois : maintenir les ventes au même niveau, et s’engager simultanément et urgemment à réduire nos frais généraux et nos loyers. Nous devrons être encore plus prudents que jamais avant d’iinvestir, et nous devons nous tenir prêts, au cas où les affaires tournent mal, à pouvoir régler nos obligations sociales et financières. En ces temps difficiles, notre première préoccupation est de nous assurer que tous nos collaborateurs gardent leur emploi, mais aussi que tous nos efforts convergent dans la même direction. Nous devons aussi demander à nos propriétaires et fournisseurs de prendre en compte les difficultés que nous rencontrons, et de ne pas s’attendre à toucher des sommes irréalistes pour leurs produits, services ou biens immobiliers. Eurogroup a été fondée durant une récession majeure en 1991. Nous avons survécu à cette période, et avec la bonne attitude de tous les acteurs et partenaires de notre entreprise, nous pourrons non seulement survivre mais prospérer durant cette crise. »